C’est tout pourri ! 3 : In electric dreams

1984 :  Electric dreams, en français La bellle et l’ordinateur, sort en salle. Tout un programme alors que vient d’apparaître la première génération d’ordinateurs domestiques parmi lesquels le mythique Apple two dont le design n’est pas sans rappeler l’ordinateur fou du film.

D’accord, la chanson du film et son clip sont tout pourri. Ils ont été diffusés en boucle pendant des mois et c’était très soûlant.

 

 

Pour ce qui est du film, le scénario touche au ridicule mais il faut lui reconnaître un côté visionnaire quant à la question de la connectivité des ordinateurs. Finalement, il a été fait vingt ans avant la généralisation d’internet.

 

 

Comme les larmes dans la pluie

« J’ai vu tant de choses que vous humains, ne pourriez pas croire,

de grand navires en feu surgissant de l’épaule d’Orion.

J’ai vu des rayons fabuleux, des rayons C, briller dans l’ombre de la porte de Tannhauser.

Tous ces moments se perdront dans l’oublie…comme les larmes dans la pluie… »

 

 

Il n’y avait que Rütger Hauer pour pouvoir être crédible en déclamant de la philosophie sous la pluie en slip sur un toit :

Le sommet du cyberpunk

Le chat

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Marseille, printemps 98

C’est déjà presque l’été sur le Vieux port.

Ce vendeur sénégalais allongé au soleil à la façon d’un félin, ne semble pas vraiment concerné par ce qui l’entoure.

L’envol de Mike

1991, Championnat du monde de Tokyo, concours du saut en longueur.

Il y a tout dans ce moment.

 Dès le début on sent qu’il va se passer quelque chose ce soir là.

En apparence, il s’agit d’un duel entre ces deux titans que sont Carl Lewis et Mike Powell mais l’ombre d’un troisième géant et de son record hors norme planent sur les débats. Ce soir là, Bob Beamon, l’homme de Mexico est dans la tête des deux de Tokyo.

Carl est le roi depuis des années, une sorte de Michael Jackson de l’athlé, dans le saut plus encore que dans le sprint. Cela fait 10 ans que personne ne l’a battu dans la discipline. Il a déjà tout gagné plus que tout le monde. Seul le record du monde de Bob lui échappe encore.

Mais on sait que sur un saut, Mike le bad boy est capable de tout.

le concours commence dans la chaleur de la nuit, une ambiance à la fois feutrée et électrique.

Carl va réaliser une performance unique dans l’histoire du saut en longueur en finissant le concours avec la moyenne hallucinante de 8m 83 sur 5 sauts réussis.  Il est au sommet de son art, intouchable. Frisson…dans un bond de folie, il dépasse même le vieux Bob avec 8m 91. Mais le saut n’est pas homologable en tant que record. Le vent était trop fort au moment où il a pris son appel..

Mike lui cherche à faire le saut qui tue. Mais il n’est pas dans un grand jour et se rate plusieurs fois. Malgré un saut mordu de peu qu’on voyait très loin, la messe est presque dite.

Et pourtant…cinquième essai, il s’envole comme dans un rêve. Que c’est long avant qu’ il ne retombe. On sait que c’est énorme. Une seule angoisse : avoir encore mordu.

Mais non, pas cette fois…la planche est parfaite, le saut est validé et Mike se met à tourner autour du panneau d’affichage tel un fauve en cage. Il est comme un fou en attendant la mesure. Il doit avoir dépassé les 8.91 s’il veut prendre la tête. Une rumeur parcourt le stade et soudain c’est l’explosion…

8m 95 !  Le record mythique de Beamon tombe presque 23 ans après. Il exulte, il saute, il danse, il va et revient…c’est un peu comme si Hector avait finalement terrassé Achille.

Au même moment, le visage de Carl se décompose,  Il est KO. et ne peut que se rhabiller. Celui qui voulait être Owens et Beamon à la fois, celui qui finira quatre fois champion olympique de la discipline vient de perdre contre toute attente le plus grand concours de l’histoire du saut en longueur en réalisant la plus belle performance de sa carrière. Cela ne l’empêchera pas de sortir derrière deux derniers bonds stratosphériques mais rien n’y fait. L’exploit qui lui était promis depuis 10 ans revient à un autre. Il ne lui a pas manqué grand chose, 4 cm, un peu de chance avec le vent et peut être le brin de folie de Mike. C’est sa première médaille d’argent aux mondiaux. Son seul métal jusqu’ici, c’était l’or.

Tout est plié. Cette nuit est pourtant loin d’être finie mais elle est déjà gravée dans les annales de la renommée.

 

 

 

C’est tout pourri ! 2 : Gérard Gun

1986 : Top Gun fait un carton au box-office. La chanson du film Take my breath away chantée par le groupe Berlin reste plusieurs semaines dans le top 50.

Notre Gérard Lenorman national ayant flairé le bon coup, a adapté le morceau en français. Il le chante sous le titre Le bleu des regrets.

Et là… on rentre vraiment dans le très haut niveau du tout pourri.

 

Merci Gérard