Quand Spartacus recadre Donald l’imposteur : leçon d’Amérique !

Kirk Douglas, le dernier des géants du cinéma américain a conservé toute sa classe et tout son tranchant. La preuve, le coup de patte que ce grand félin vient d’adresser à Donald Trump  sous la forme d’un édito publié dans le Huffington Post.

Ci-dessous la traduction française faite par Bamiyan Shiff :

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Do you remember Laurie Zimmer ?

Mais qu’est-il arrivé à Laurie Zimmer ?

 Un regard à la fois si loin et si proche, un port de tête majestueux encadré par une abondante chevelure un peu sauvage, un col roulé moulant peau de pêche, le personnage dégage une maîtrise toujours à la limite de la rupture, une froideur métallique qui tranche avec l’humanité de ses yeux. Rarement dans un film, une actrice n’aura su dégager une féminité aussi virile.

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Top 5 Spiderman in love

The Amazing Spider-Man Annual #21 (1987) - John Romita - Arkham Comics 7 rue Broca 75005 Paris

Revenons un moment au Tisseur pour un top chronologique de ses amours. Ce qui est fascinant dans le personnage, c’est que depuis 1962, il fait l’objet d’une et parfois de plusieurs publications par semaine. Il a traversé ces dernières décennies au rythme de notre propre quotidien  et sa vie privée s’est construite en fonction de l’évolution des modes et des pensées depuis les années 60.

Sur ce plan, la succession de ses aventures amoureuses est assez révélatrice, autant de femmes, autant d’époques et de contextes différents :

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C’est tout pourri 10 ! : Spider-Man 1977

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On ne présente plus Spider-man. Le super héros créé par Marvel au début des années 60, a profondément renouvelé le monde des comics américains.

Un héros qui a les pouvoirs d’une araignée, incarné par un adolescent gringalet, premier de la classe, qui accumule les problèmes de cœur et d’argent, et se ballade à son temps perdu de toit en toit accroché à un fil dans un costume improbable, ce n’était pourtant pas gagné d’avance.

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True detective

La  lancinante ballade d’intro de la géniale série de HBO par The Handsome Family

Le soir de Mike Powell

1991, Championnat du monde de Tokyo, concours du saut en longueur.

Il y a tout dans ce moment.

 Dès le début on sent qu’il va se passer quelque chose ce soir là.

En apparence, il s’agit d’un duel entre ces deux titans que sont Carl Lewis et Mike Powell mais l’ombre d’un troisième géant et de son record hors norme plane sur les débats. Ce soir là, Bob Beamon, l’homme de Mexico est dans la tête des deux de Tokyo.

Carl est le roi depuis des années, une sorte de Michael Jackson de l’athlé, dans le saut plus encore que dans le sprint. Cela fait 10 ans que personne ne l’a battu dans la discipline. Il a déjà tout gagné plus que tout le monde. Seul le record du monde de Bob lui échappe encore.

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Mais on sait que sur un saut, Mike le bad boy est capable de tout.

le concours commence dans la chaleur de la nuit, une ambiance à la fois feutrée et électrique.

Carl va réaliser une performance unique dans l’histoire du saut en longueur en finissant le concours avec la moyenne hallucinante de 8m 83 sur 5 sauts réussis.  Il est au sommet de son art, intouchable. Frisson…dans un bond de folie, il dépasse même le vieux Bob avec 8m 91. Mais le saut n’est pas homologable en tant que record. Le vent était trop fort au moment où il a pris son appel..

Mike lui cherche à faire le saut qui tue. Mais il n’est pas dans un grand jour et se rate plusieurs fois. Malgré un saut mordu de peu qu’on voyait très loin, la messe est presque dite.

Et pourtant…cinquième essai, il s’envole comme dans un rêve. Que c’est long avant qu’ il ne retombe. On sait que c’est énorme. Une seule angoisse : avoir encore mordu.

Mais non, pas cette fois…la planche est parfaite, le saut est validé et Mike se met à tourner autour du panneau d’affichage tel un fauve en cage. Il est comme un fou en attendant la mesure. Il doit avoir dépassé les 8.91 s’il veut prendre la tête. Une rumeur parcourt le stade et soudain c’est l’explosion…

8m 95 !  Le record mythique de Beamon tombe presque 23 ans après. Il exulte, il saute, il danse, il va et revient…c’est un peu comme si Hector avait finalement terrassé Achille.

 

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Au même moment, le visage de Carl se décompose,  Il est KO. et ne peut que se rhabiller. Celui qui voulait être Owens et Beamon à la fois, celui qui finira quatre fois champion olympique de la discipline vient de perdre contre toute attente le plus grand concours de l’histoire du saut en longueur en réalisant la plus belle performance de sa carrière. Cela ne l’empêchera pas de sortir derrière deux derniers bonds stratosphériques mais rien n’y fait. L’exploit qui lui était promis depuis 10 ans revient à un autre. Il ne lui a pas manqué grand chose, 4 cm, un peu de chance avec le vent et peut être le brin de folie de Mike. C’est sa première médaille d’argent aux mondiaux. Son seul métal jusqu’ici, c’était l’or.

Tout est plié. Cette nuit est pourtant loin d’être finie mais elle est déjà gravée dans les annales de la renommée.

 

 

 

C’est tout pourri ! 2 : Gérard Gun

1986 : Top Gun fait un carton au box-office. La chanson du film Take my breath away chantée par le groupe Berlin reste plusieurs semaines dans le top 50.

Notre Gérard Lenorman national ayant flairé le bon coup, a adapté le morceau en français. Il le chante sous le titre Le bleu des regrets.

Et là… on rentre vraiment dans le très haut niveau du tout pourri.

 

Merci Gérard

 

 

1980, USA VS URSS : « Miracle on Ice »

Le monument de l’histoire du Hockey sur glace

Jeux Olympiques de Lake Placid :

contre toute attente l’équipe nationale des USA composée de jeunes universitaires inconnus s’impose au bout de la nuit et d’un match inoubliable devant la dream-team soviétique de l’époque pourtant réputée imbattable.

L’ambiance dans la patinoire est totalement hors norme et permet aux américains de faire le match de leur vie face aux joueurs de légende de ce qui fut probablement l’une des plus grandes équipes de l’histoire de ce sport. Les USA seront dominés pendant toute la rencontre mais vont revenir avec l’énergie du désespoir par trois fois à la marque avant de prendre l’avantage dans le dernier tiers temps.

Cette victoire inouïe dans un contexte international particulièrement difficile pour les Etats Unis (les otages d’Iran, l’invasion de l’Afghanistan, le boycott des jeux de Moscou) avait valeur de symbole et a forcément pris une dimension politique. Mais il s’agit avant tout d’un sommet de l’histoire du sport. Même s’il ne faut jamais sous-estimer le hockey universitaire américain, c’est un peu comme si une équipe d’amateurs avait gagné la coupe du monde de foot, impensable !

 J’ai vu ce match quand j’étais gosse. Lorsque j’y repense, j’en ai encore des frissons. J’avais le sentiment que le monde entier s’était arrêté de vivre et avait les yeux rivés sur cette patinoire. Je me souviens du regard énigmatique vers le ciel ou vers l’horloge (?) de Herb Brooks le coach des USA quand son équipe passe devant à 10 minutes de la fin. La suite est dantesque, les soviétiques manquent d’égaliser une dizaine de fois mais Jim Craig, le gardien américain qui ce soir là est touché par la grâce, multiplie les miracles.

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Quelques jours plus tard, les USA une nouvelle fois menée au score, battent la Finlande et ravissent le titre olympique aux soviétiques qui le détenait depuis 1964.

Au delà du fait qu’il représente un moment exceptionnel de l’histoire du sport, ce qui interpelle dans Miracle on Ice, c’est la façon dont un contexte émotionnel peut transcender un collectif et lui permettre de réaliser quelque chose de complètement improbable.

Vous entendez ? C’est le bruit de votre monde qui s’effondre !

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Paroles prononcées par la Commission Sexta de lEZLN lors de la clôture de la Première Rencontre continentale des peuples indiens d’Amérique.

 

Autorités traditionnelles de la tribu Yaqui à Vicam,

Dirigeants, représentants, délégués, autorités des peuples originels d’Amérique réunis à l’occasion de cette Première Rencontre des peuples indiens d’Amérique,

Hommes et femmes, enfants et anciens de la Tribu Yaqui,

Observateurs et observatrices du Mexique et du monde,

Travailleuses et travailleurs des moyens de communication,

Sœurs et frères,

Grandes sont les paroles qui ont pu être écoutées dans cette rencontre.

Grands sont les cœurs qui ont soufflé vie à ces paroles.

Les souffrances de nos peuples ont été nommées par ceux-là mêmes qui les éprouvent depuis 515 ans :

La spoliation et le vol des terres et des ressources naturelles, aujourd’hui revêtus des habits neufs de la « modernité », du « progrès », de la « civilisation », de la « mondialisation » ;

L’exploitation de centaines de milliers d’hommes, de femmes, d’enfants et d’anciens qui renoue avec l’époque et les méthodes des encomiendas et des grandes haciendas des temps où les divers royaumes d’Europe imposèrent leur loi par le sang et par le feu ;

La répression que les armées, les polices et les groupes paramilitaires emploient, comme seule réponse à nos exigences de justice, identique à la répression que les troupes des conquistadores employèrent pour exterminer des populations entières ;

Le mépris que nous recevons à cause de notre couleur, de notre langue, de notre façon de nous habiller, de nos chants et de nos danses, de nos croyances, de notre culture et de notre histoire, exactement comme il y a 500 ans quand on se demandait si nous étions des animaux qu’il faudrait domestiquer ou des fauves qu’il faudrait exterminer et que l’on se référait à nous en parlant d’inférieurs ;

Les quatre roues du chariot de l’argent, pour parler les termes des Yaqui, qui roulent à nouveau sur le chemin formé du sang et de la souffrance des peuples indiens du continent.

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Comme avant, comme il y a 515 ans, comme il y a 200 ans, comme il y a 100 ans.

Quelque chose a cependant changé.

Jamais auparavant la destruction n’avait atteint un tel degré et n’avait été aussi irrémédiable.

Jamais auparavant la brutalité déployée contre les terres et les personnes n’avait atteint de telles proportions et n’avait été aussi incontrôlable.

Et jamais auparavant la bêtise des mauvais gouvernements dont pâtissent nos pays n’avait été aussi grande et aussi omniprésente.

Parce que ce qu’ils tuent, c’est la terre, la nature, le monde.

Sans plus aucune logique dans le temps et l’espace, les catastrophes dues aux tremblements de terre, à la sécheresse, aux ouragans ou aux inondations apparaissent aujourd’hui dans l’ensemble de notre planète.

On prétend qu’il s’agit de catastrophes naturelles alors qu’en réalité elles ont été provoquées, par la bêtise sans commune mesure des grands trusts multinationaux et des gouvernements qui sont leurs fidèles serviteurs dans nos pays.

Le fragile équilibre de la nature qui a permis au monde d’exister des millions d’années durant est sur le point d’être à nouveau rompu, mais
cette fois définitivement.

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En haut, on ne fait rien, si ce n’est de débiter de belles déclarations aux moyens de communication et de créer d’inutiles commissions.

Ces faux chefs et ces mauvais gouvernements ne sont que des idiots célébrant les maillons de la chaîne qui les tient sous son emprise.

Chaque fois qu’un gouvernement encaisse un prêt de capitaux des fonds internationaux, il le présente comme une victoire, à grand frais de publicité dans les journaux, les revues, la radio et la télévision.

Nos gouvernements actuels sont les seuls dans toute l’histoire à fêter leur servitude, à la remercier d’exister et à en bénir les mannes.

Et on prétend que ce n’est que pure démocratie que le Commando de la destruction se trouve à la disposition des partis politiques et des caudillos.

« Démocratie électorale », c’est le nom que donnent tous ces chefaillons à la lutte effrénée pour pouvoir vendre notre dignité et poursuivre la catastrophe mondiale.

Là haut, au sein des gouvernements, il n’y a aucun espoir à attendre.

Ni pour nos peuples indiens, ni pour le travailleur de la campagne et de la ville, ni pour la nature.

Pour accompagner cette guerre en règle contre l’humanité, un gigantesque mensonge a été érigé.

On nous dit, on nous répète, on nous inculque, on nous impose que l’histoire du monde devait aboutir à ce lieu où commande l’argent, où ceux d’en haut devaient vaincre et où nous, la couleur de la terre que nous sommes, nous devions perdre.

De sorte que la monarchie de l’argent se présente comme l’aboutissement des temps, la fin de l’histoire, la réalisation de l’humanité.

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À l’école, dans les médias, dans les instituts de recherche, dans les livres, le grand mensonge réaménage l’histoire et ce qui va de pair avec elle : l’espace et le temps, c’est-à-dire la géographie et le calendrier.

Ici, sur ces terres qu’ils ont appelée « le nouveau monde », ils ont imposé leur géographie.

Dès lors, il y eut un « Nord », un « Sud », un « Orient » et un « Occident », qui s’accompagnèrent des signes du pouvoir et de la barbarie.

Les sept points cardinaux de nos ancêtres (l’en haut, l’en bas, en face, l’arrière, un côté, l’autre côté et le centre), furent relégués à l’oubli et à leur place s’installa la géographie d’en haut avec ses divisions, ses frontières, ses passeports, ses « green cards », ses « minuteman », sa police de l’immigration et ses murs frontières.

Ils imposèrent aussi leur calendrier : pour l’en haut, les jours de repos et de relâchement, pour l’en bas, les jours de désespoir et de mort.

Et voilà qu’ils fêtent chaque 12 octobre le « Jour de la découverte de l’Amérique » quand c’est en réalité la date du début de la plus longue guerre de l’histoire de l’humanité, une guerre qui dure depuis 515 ans et qui a pour but de s’emparer de nos territoires et l’extermination de notre sang.

À côté de cette profonde et longue souffrance, on a également nommé la rébellion de notre sang, l’orgueil de notre culture, notre expérience de la résistance, la sagesse des plus anciens d’entre nous.

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Dans cette rencontre, il a été regardé en arrière et très loin.

La mémoire a constitué le fil invisible qui unit nos peuples, ainsi que les montagnes qui courent d’un bout à l’autre de notre continent et bordent ces terres.

Ce que d’aucun nomment « un songe », « une utopie », « une chose impossible », « de doux désirs », « du délire », « de la folie », ici, sur la terre du Yaqui, on l’a évoqué sur un autre ton, dans une autre idée.

Or il existe un nom pour dire ce dont nous avons parlé et que nous avons écouté dans tant de langues, de temps et de manières.

Il existe un mot qui remonte aux origines de l’humanité, qui montre et définit les luttes des hommes et des femmes de tous les endroits sur cette planète.

Ce mot, c’est « LA LIBERTÉ ».

C’est ce que nous voulons en tant que peuples, nations et tribus originels : la liberté

Or la liberté est incomplète sans la justice et sans la démocratie.

Rien de tout cela ne peut être fondé sur le vol, la spoliation et la destruction de nos territoires, de notre culture, de nos peuples.

Un monde sans chefaillons, voilà ce qui semble impossible à imaginer pour les gens de nos jours.

Comme si la terre avait connu depuis toujours quelqu’un qui impose son pouvoir sur elle et sur les gens qui la travaillent ; comme si le monde ne pouvait jamais être à l’endroit.

Ce sont les peuples premiers qui portent un regard sur leur passé et qui en conservent et préservent la mémoire qui savent pertinemment qu’un monde sans dominants ni dominés est possible, un monde sans capital, un monde meilleur.

En effet, quand nous brandissons notre passé, notre histoire et notre mémoire comme étendard, nous ne cherchons pas à revenir aux temps révolus mais à construire un avenir digne, humain.

Nous être rencontrés est la réussite principale de cette réunion.

Il reste encore beaucoup à faire, à discuter, à accorder, à lutter. Mais ce premier pas constituera une bouffée d’air frais pour la souffrance de la couleur de la terre que nous sommes.

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Dans le calendrier que nous commençons à égrener, dans la géographie que nous avons convenue, une gigantesque subversion se poursuit.

Aucun manuel n’enseigne ses méthodes et ses moyens, on les trouvera dans aucun livre de recettes, auprès d’aucun dirigeant de pupitre d’écrivain ou d’académie.

En revanche, il y a l’expérience des peuples originels, à laquelle s’ajoutent aujourd’hui le soutien et la détermination des travailleurs de la ville et de la campagne, des jeunes hommes et des jeunes femmes, des personnes âgées, des autres amours, des petits garçons et des petites filles; de toutes celles et de tous ceux qui savent que ce monde n’aura plus aucune chance d’exister si ce sont ceux d’en haut qui gagnent cette guerre.

La rébellion qui secouera ce continent n’empruntera pas les voies et le pas des rébellions antérieures qui ont changé le cours de l’histoire : elle sera autre.

Alors, quand s’apaisera le vent dont nous aurons pris la forme, le monde n’aura pas achevé son long voyage, bien au contraire, avec toutes, avec tous, l’occasion apparaîtra de construire un lendemain où toutes les couleurs que nous sommes auront leur place.

À ce moment du calendrier que nous élaborerons, en ce lieu de la nouvelle géographie que nous édifierons, la Lune modifiera la question qui est sur ses lèvres quand elle point à l’horizon et retrouvera le sourire qui annonce la rencontre de la lumière et des ténèbres.

De Vicam, Sonora, Mexique, octobre 2007

Sous commandant insurgé Marcos

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Traduit par Ángel Caído. Diffusé par le Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte (CSPCL, Paris)