Il va foutre le Waï ! Charlie à Droit de réponse

Au début des années 80 tout le monde n’était pas Charlie, c’est le moins qu’on puisse dire. L’hebdomadaire est à l’époque dirigé par Cavanna et Choron qui sont dans la transgression permanente et n’attirent pas le bobo de droite comme de gauche. Le nombre d’abonnés devient trop faible et le journal ne bénéficie d’aucune recette publicitaire. Tant est si bien qu’à la fin 1981 il doit s’arrêter.

Début 1982, Michel Polac qui depuis l’arrivée de la gauche au pouvoir pratique une autre forme de transgression dans son émission Droit de réponse, invite l’équipe de la rédaction de Charlie mais aussi le rédacteur en chef de Minute, Gainsbourg, Renaud ou encore Jean François Kahn. Fumée et alcool à gogo sont aussi de la partie. Le cocktail s’avère explosif. Tout ce joli monde va foutre le waï et se foutre sur la gueule.

 

 

Et oui, ça décoiffé le premier Charlie,

 

 

 

Furiani : la banderole de la vérité

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 La banderole déployée le 10 janvier à Furiani par les supporters du Sporting Club de Bastia, contenait deux affirmations :

– Le Qatar finance le PSG : VRAI, non seulement il le finance mais il en est également l’actionnaire majoritaire par l’intermédiaire de Qatar Investment Authority, fonds d’investissement souverain de l’émirat du Qatar.

– Le Quatar finance le terrorisme : VRAI, tout particulièrement Daech, c’est de notoriété publique.

Même Nicolas Sarkozy n’a pas pu nier cette vérité embarrassante :

« Est-ce que vous croyez que M. Mitterrand, que M. Chirac, moi-même hier, que M. Hollande aujourd’hui, vous croyez qu’on aurait cette politique d’amitié avec le Qatar si nous pensions que le Qatar, c’était uniquement le financeur du terrorisme ? ».

Il reconnaît donc que le Qatar finance le terrorisme… Mais pas seulement…puisqu’il finance aussi…le PSG et bien d’autres choses en France (le groupe Lagardère par exemple dont il détient 12% ). Alors, tout va bien !

Quoi qu’en disent certains « Charlie »  de la dernière heure, c’était  le moment ou jamais, de dire bien fort ces vérités .

Merci aux supporters corses pour l’avoir fait.

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Après l’après-midi de chien du vendredi, ce dimanche devait être un autre jour.

Presque deux millions de personnes s’étaient rassemblées pour battre le pavé parisien de République à Nation en passant par Voltaire, quantitativement plus vu depuis Jean Misère.

On nous promettait le grand soir mais il y a eu juste à manger et à boire.

À la fin, les damnés de la terre n’avaient toujours pas trouvé la sortie de l’Enfer.

 

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Quand on y réfléchit sept secondes,

Difficile de marcher au nom de la liberté aux côtés des représentants du Qatar et de l’Arabie saoudite,

Difficile aussi de marcher avec un premier ministre israélien qui gouverne avec l’extrême droite religieuse et bombarde les civils de Gaza,

Difficile encore de voir les représentants de la République finir la journée à la messe, que ce soit dans une église, un temple, une mosquée ou une synagogue,

Difficile enfin de voir sur les plateaux, le CRIF donner des leçons de laïcité,

Difficile au final de faire comme si tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil.  

 

 

Mais qu’ont pu penser de ça ceux qui n’auront pas venu ?

Encore désolé pour tout Papa Tango….

De Victor Hugo à Charlie Hebdo

La marche de ce jour dans Paris, tant par ses motivations que par dimension, n’a qu’un seul précédent dans l’histoire de la capitale : les funérailles de Victor Hugo des 31 mai et 1er juin 1885.

 Exilé sous le second empire, Victor Hugo est revenu vivre en France à partir de 1870. Malgré son passé royaliste puis droitier, après la victoire politique de la gauche sur les monarchistes, l’auteur des Misérables apparaît comme symbole national de la République.

Le 22 mai 1885, il décède d’une congestion pulmonaire. L’annonce de sa mort, bien qu’attendue depuis plusieurs jours, provoque une véritable onde de choc.

Sa dernière volonté est très explicite « je donne cinquante mille francs aux pauvres. Je désire être porté au cimetière dans leur corbillard. Je refuse l’oraison de toutes les églises, je demande une prière à toutes les âmes. Je crois en Dieu. ».

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Des drapeaux tricolores portant un crêpe noir apparaissent aux fenêtres et plusieurs dizaines de milliers de personnes défilent devant le registre mortuaire installé dans une petite pièce à l’entrée de sa maison. Le samedi 23, dix-sept journaux sont édités avec un cadre noir en première page.

Suite à la forte mobilisation populaire et malgré l’Eglise qui fulmine, le gouvernement est contraint de redonner au Panthéon sa vocation révolutionnaire de tombeau des grands personnages de la nation. Il annonce simultanément que le corps de Victor Hugo y sera déposé. Le 29 mai, des ouvriers montent sur le fronton de la désormais ancienne église, scient la croix et déracinent son montant.

Le gouvernement craint alors de voir les funérailles du poète se transformer en journée révolutionnaire. Pour limiter l’ampleur du cortège et canaliser les éléments d’extrême gauche, il reporte la cérémonie du dimanche et arrête un itinéraire qui passe Boulevard saint Germain afin d’éviter la traversée du Paris populaire.

Mais l’Histoire ne se contrôle pas aussi aisément. Ainsi, le transport du corps de Hugo, de sa maison vers l’Arc de Triomphe, prévu pour s’opérer de nuit dans la discrétion, se transforme déjà en manifestation publique.

Pendant 36 heures, le corps sera ainsi exposé sous l’Arc, couvert de longs draps noirs, au cœur d’une foule aussi importante que variée.

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Lundi 1er juin, à 10h30, vingt et une salves sont tirées des Invalides, salves qui vont se poursuivre chaque demie-heure, toute la journée. La manifestation est placée sous haute surveillance policière, et l’armée mobilisée occupe les points stratégiques.

La foule est immense. La procession débute à 11 heures pour se terminer seulement vers 19 heures au Panthéon, tant l’affluence est gigantesque. « Cette foule en blouse, en casquette, en bourgeron, en pantalon de travail, c’était bien le vrai peuple de Paris qui venait décerner son ultime hommage au grand poète » (Le Cri du Peuple).

Combien de personnes ont participé à cette cérémonie ? Probablement entre deux et trois millions.

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Manifestement, il s’agissait d’une journée historique et annonciatrice d’une nouvelle ère, d’une journée où la foule a dit « Nous sommes un peuple ! », à l’identique de ce qui s’est passé ce dimanche dans les rues de Paris.