Top 5 des plus grands films qui n’ont jamais vu le jour

Projets abandonnés avant d’être tournés, arrêtés pendant le tournage ou encore jamais montés, sont légions dans l’histoire du cinéma mais les films qui suivent sont devenus des mythes parce que c’était des entreprises hors-norme portées par de très grands cinéastes  :

1. Napoléon de Stanley Kubrick

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« Je souhaite faire de NAPOLÉON le plus grand film de tous les temps » aimait à rêver le réalisateur de Barry Lindon..  Comme souvent, il avait donc mis la barre très haute, encore plus haut qu’Abel Gance qui dans son film n’était allé que jusqu’à la campagne d’Italie.

Imaginez 50.000 figurants (de vrais soldats de l’armée roumaine), engagés dans de « vastes et mortels ballets » comme l’écrivait Kubrick.

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Pour la musique, cela aurait sans doute été du « Beethoven, celui-ci étant contemporain aux événements » !

Dans l’idée du maitre, Napoléon aurait pu être interprété par David Hemmings (BLOWUP) et Joséphine par Audrey Hepbun, qui refusa le rôle. Quant aux personnages secondaires, il pensait à Charlotte Rampling, Alec Guinness, Jean-Paul Belmondo, Peter O’Toole !

Le flm débutait quand Napoléon avait quatre ans, le pouce à la bouche, un ours en peluche dans les bras, sa mère lui lisant une histoire pour dormir. Un ours en peluche qui devait aussi être du dernier plan du film, l’Empereur alors sur son lit de mort à Ste Hélène.

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Le rêve de Stanley s’évapora après l’écriture du premier jet du scénario et l’échec du film WATERLOO avec Rod Steiger qui poussa la MGM à abandonner le projet passant probablement à côté du « plus grand film de tous les temps ». Reste quand même un gros livre qui rassemble les archives de ce projet gigantesque et qu’on peut acquérir pour la modique somme de 500 €.

 2. Le siège de Leningrad de Sergio Leone

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«Je commence par un gros plan des mains de Chostakovitch. Elles sont sur les touches de son piano… La caméra sera sur un hélicoptère, hors de la maison, et le gros plan sera pris au travers de la fenêtre ouverte. Nous voyons les mains qui cherchent les notes de la «Symphonie de Leningrad». Et le compositeur les trouve. Cette musique est répétitive. Elle commence par trois instruments, puis cinq, puis dix, puis vingt, puis cent… Et mon ouverture sera faite sur cette musique. En un seul plan-séquence. Un plan-séquence comme on n’en a jamais fait : la caméra quitte le gros plan des mains du compositeur. Elle va en arrière. Nous découvrons sa chambre. On en sort par la fenêtre. C’est la rue. L’aube. Deux civils sortent dans cette rue. Chacun porte un fusil. Et ils montent dans un tramway. La caméra suit le tramway. La musique continue. Le tramway s’arrête plusieurs fois. Des civils le prennent. Ils sont tous en armes. Enfin, le tramway arrive dans une banlieue. Il s’arrête sur une petite place où se trouvent déjà plusieurs autres tramways. Et, à côté d’eux, ce sont des camions qui attendent. Les tramways se vident. Tous les passagers étaient des hommes armés… Pas de femmes. Les hommes montent dans les camions. La caméra suit les camions. Toujours la musique. Toujours le même plan. Pas de coupes. Pas d’inserts. Et nous arrivons devant les premières tranchées qui protègent la ville. La musique est de plus en plus forte. Il y a les tranchées. Et, tout d’un coup, la caméra va vers la steppe. Immense. Vide. La musique monte de plus en plus. Jusqu’à ce que la caméra ait traversée la steppe pour prendre, en enfilade, mille blindés allemands prêts à tirer. Et, dès les premiers coups de canon, mêlés à la musique, je coupe ! Plan suivant : un rideau s’ouvre. C’est le concert de Chostakovitch. Cinq mille personnes dans la salle. Cent quatre-vingt musiciens jouent. Et alors : générique. » Enorme !

C’est ainsi que Leone décrit le début de son futur film sur le siège de Leningrad. À l’issue du tournage de Il était une fois dans l’ouest, il se trouve aux Etats-Unis et tombe sur le livre de Harrison Salisbury intitulé Les 900 Jours, le Siège de Leningrad.

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Salisbury avait vécu le siège de Leningrad en tant que correspondant du New York Times  de 1941 à 1944. Captivé par cette fresque, il décide d’en faire un film. Robert de Niro y incarnera le personnage pricncipal. . Il veut aussi s’entourer de techniciens avec lesquels il a l’habitude de travailler comme le directeur de la photographie Tonino Delli Colli et le compositeur Ennio Morricone.

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 Le réalisateur italien se rend en URSS en 1971, pour s’assurer de la collaboration des autorités soviétiques mais il n’obtiendra les autorisations de tournage qu’en 1988 suite à une intervention de Giulio Andreotti, le ministre italien des affaires étrangères, auprès de gouvernement soviétique. Mais la mort le surprend le 30 avril 1989 avant le début du tournage.

 

3. L’homme qui tua Don Quichotte de Terry Gilliam

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 Terry Gilliam a l’idée d’adapter le livre de Cervantès en 1990. Comme il considère l’oeuvre infilmable en l’état, il décide un peu à la manière de Mark Twain dans Un Yankee à la cour du roi Arthur d’adjoindre à Don quichotte, un acolyte venu des temps modernes. C’est cette version dont Terry Gilliam va entamer le tournage en Espagne en octobre 2000 avec au casting, Jean Rochefort, Johnny Depp et Vanessa Paradis.

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L’affaire s’avère apocalyptique. Des vols d’avions incessants empêchent les prises de son, des pluies diluviennes détrusent une partie du matériel de tournage et verdissent le désert,  l’empéchant de servir de décor naturel. Quand le tournage reprend Jean Rochefort ateint d’une hernie discale n’est plus en état de tenir son rôle.

D’autres incidents viennent encore s’accumuler et contraignent le producteur à jeter l’éponge. Néanmoins subsiste de cette mésaventure un excellent documentaire, intitulé Lost in la Mancha qui raconte l’histoire du tournage à partir de rushes et d’images  ainsi que d’interviews des protagonistes.

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Pourtant Gilliam ne s’avoue pas vaincu et relance la machine 10 ans après avec Robert Duvall à la place de Rochefort et Ewan Mac Gregor à celle de Johnny Dep. Mais malgré deux tentatives pour boucler le budget, le tournage ne peut se faire faute de moyens.

Mais comme Terry ne renonce jamais, il semblerait qu’un nouvea tournage soit prévu d’ici la fin de l’année avec cette fois-ci  John Hurt pour jouer le léfgendaire chevalier. A suivre…

 

 

 

4. L’enfer d’Henri-Georges Clouzot

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Le réalisateur, à qui l’on doit notamment L’Assassin habite au 21, Le Salaire de la peur et Les diaboliques, n’a alors pas tourné depuis quatre ans. Il  s’est retiré à Tahiti où il a débuté l’écriture de L’Enfer qui devra, selon lui, révolutionner le cinéma. Il propose à Romy Schneider et à Serge Reggiani, d’en devenir les acteurs principaux.

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L’objectif de Clouzot est de filmer la folie d’un homme maladivement jaloux. Et puisque les producteurs de la Columbia lui ont offert un budget illimité, il va en profiter pour expérimenter différents procédés novateurs et notamment un système d’éclairage particulier nommé l’Héliophore.

Le tournage démarre en juillet 1964. Romy Schneider n’a jamais été aussi belle. Hypnotique, incandescente, sensuelle, elle est recouverte d’un maquillage multicolore et  se prête à tous les fantasmes, à tous les désirs cinématographiques de Clouzot. Mais le perfectionnisme du cinéaste, qui multiplie les prises, et le manque de coordination entre les différentes équipes du film ralentissent considérablement le tournage. Les rapports avec Reggiani se détériorent. L’acteur, dépressif, est hospitalisé.

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Clouzot, usé, stressé, fait un infarctus. La production est temporairement interrompue. Les experts des assurances décident que le tournage ne reprendra jamais.  Le cinéaste se remettra provisoirement et fera encore La prisonnière avant de décéder en 1968 sans jamais terminer L’enfer. .

En 2005, Serge Bromberg sort une documentaire sur cette oeuvre inachevée. En exhumant les 185 boîtes de rushes invisibles depuis un demi-siècle soit une quinzaine d’heures d’images muettes, il tente avec brio  de reconstituer l’histoire de cette œuvre énigmatique, qui alimentera encore longtemps les fantasmes des cinéphiles.

Quelques extraits ici

 

5. Nostromo de David Lean

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 En 1986, Spielberg persuade la Warner de produire le projet de Lean d’adapter le roman de Conrad. Le réalisateur de Lawrence d’Arabie avait trouvé en Conrad un alter ego («Il considérait positivement les individus et négativement l’espèce humaine»).

Mais, lorsque Lean fait le déplacement à Hollywood pour discuter avec Spielberg sur la base du premier scénario qu’il a écrit, ce dernier fait des remarques qualifiées de «stupides» : «Je vois bien qui est le héros, mais qui est le méchant ?» Lean aurait répondu : «L’argent.». 

Après que Spielberg se fut finalement volontairement mis à l’écart pour ne pas se brouiller avec son idole, le producteur français Serge Silberman, qui venait de coproduire Ran, relance Nostromo. Le budget, avec le renfort de la Columbia, est revu à la hausse. En 1990, plusieurs repérages sont réalisés à la Havane puis au Mexique et la construction des premiers décors commencent aux studios de la Victorine. Toutefois les relations se détériorent avec Silberman à propos de la distribution. Le producteur veut des stars, Lean propose un inconnu dans le rôle de Nostromo. Finalement Isabella Rosselini et Brando qui ne dit pas non, seront pressentis. Le génial acteur américain écrit même à Lean « Vous êtes le denier de votre race ».

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Mais la santé de Lean vient à se détériorer et celui-ci meurt à 83 ans avant d’avoir débuté le tournage sans qu’un remplaçant ait pu être désigné pour mener à bien le projet même si après avoir vu Danse avec les loups, « le vieux lord du Cinéma » aurait suggéré avant de mourir que ce soit Kevin Costner. Sur son lit d’agonie, il confie sa vision de la mort à la Nostromo : «Le ciel, un vol d’oies sauvages, la lumière….»

  1 Storyboard tiré du screenplay de Robert Bolt et David Lean 

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