Un exemple de « c’était mieux avant » même si c’était tout pourri .
La race humaine a migré dans l’espace depuis la planète mère de Kobol et s’est divisée en 12 colonies. Mais les Cylons, un peuple cybernétique, attaquent les colonies et cherchent à détruire l’humanité. Après une longue guerre, une trêve est en cours de négociation. Alors que les humains pensent signer la paix, les forces Cylons attaquent et détruisent les 12 colonies laissées sans défense. Le commandant Adama, commandant du croiseur « Battlestar Galactica » avait prévu la traîtrise des Cylons. Il ne pourra défendre les colonies, mais parvient à sauver son vaisseau de guerre et constituer à sa suite une flotte de vaisseaux civils qui hébergent tous les rescapés des colonies. Traqué par les Cylons, ce reste d’humanité fuit dans l’espace à la recherche du berceau mythique de l’humanité : la Terre.
C’est le thème de Battle Star Galactica 2003, probablement ce qui s’est fait de mieux dans le genre série SF : Une humanité paumée dans l’espace, au bout du rouleau et à la recherche de son identité, des personnages ambigus, complexes et torturés, des scénarios sans concession qui s’intéressent à ce qui se passe dans la tête des personnages plutôt que de nous resservir le space opéra habituel et le tout avec un excellent casting.
BSG 2003 est toutefois un remake de la série Galactica sortie en 1978. C’est bien à cette dernière que revient le mérite de l’idée initiale de cet exode spatial. Pour le reste et malgré la musique culte d’ouverture, nous sommes bien dans le tout pourri seventies post Star Wars.
des scénarios ennuyeux, des personnages convenus, des effets spéciaux à budget limité, des ordinateurs de tout poil, des robots en plastique, des décors en carton, des costumes kitch, des brushings et des bruitages improbables.
Pour le pire et le meilleur, le sport est un objet éminemment politique. le savait bien.
Même s’il existe une vielle tradition de films sur le sport, le cinéma n’a pas toujours su lui donner sa dimension politique. Mais évidemment il y a quelques exceptions.
Voici donc le top 10 de Lombrieur en la matière avec des extraits cultes :
Au commencement, Métal Hurlant est une revue de bande dessinée française fondée dans les années 70 par les Druillet, Moebius et autres futurs grands noms de la BD pour adultes. Les américains sont fascinés par ce nouveau souffle et créent leur propre version de la revue : Heavy Metal. Le film animé long métrage canadien du même nom qui sorti en 81 est directement inspiré de ces deux publications. Son réalisateur, Gerald Potterton, est une figure de proue de la vague du dessin animé alternatif des années 60.
Dans le contexte de l’époque où Disney et les longs métrages pour enfant sont quasiment les seuls produits proposés en salle dans le domaine de l’animé, ce film fait l’effet d’une petite révolution. Dans la logique des revues éponymes, il intègre tous les éléments qui dans les deux décennies qui suivent vont faire déborder la bande dessinée et l’animation de la sphère enfantine. Même si son graphisme n’est pas toujours d’une qualité irréprochable et que la fluidité de l’animation peut parfois laisser à désirer, Métal Hurlant n’en reste pas moins très novateur pour son époque, tant par les techniques utilisées qui annoncent l’ère numérique, par sa puissance visuelle, par les musiques qui composent sa B.O, que par sa liberté de ton dont on peut se demander si elle serait encore possible actuellement.
Le film est composé d’une suite d’histoires reliées par l’interaction d’une sorte de perle verte maléfique (coucou Jack Vance !) appelée le Loc-Nar. Il décline et mélange ainsi avec bonheur tous les ingrédients qui caractérisent cette nouvelle BD des années 70 (cyberpunk, dérision, héroic fantasy, érotisme, gore, science-fiction …).
La dernière séquence consacrée à Taarna est probablement la plus onirique du film. Le personnage féminin au centre du scénario tranche avec les autres histoires qui même appréhendées au second degré peuvent laisser une impression sexiste.
Taarna, la guerrière sans faille chevauchant une sorte de ptérodactyle légendaire, est un mélange subtil entre le chevalier Galaad et le Clint Eastwood des Sergio Leone Elle ne parle jamais mais incarne le bras armé de la Justice dans un monde où cette dernière ne peut s’appliquer que par le glaive…tout un programme. Le personnage est manifestement inspiré de l’Arzach de Moebius publié entre 75 et 76.
La scène du vol, du bain et de l’habillement est tout particulièrement inoubliable. Elle met en scène un rituel de purification, de transformation et de préparation de la guerrière avant le combat. Sa puissance évocatrice réside dans sa capacité à allier poésie, mysticisme et érotisme. Tous les éléments de la vieille tradition littéraire occidentale du héros y passent : le pèlerinage, la quête, le sanctuaire, la pureté, l’épée de justice, la sublimation…
La qualité visuelle et la capacité de cette scène à intégrer l’ensemble de ces thèmes avec une esthétique renouvelée en font à la fois un morceau d’anthologie du cinéma et une oeuvre clef de l’héroic fantasy.
« Défendre : tel est le pacte. Mais quand la vie est bafouée, qu’elle perd toute valeur, alors défense devient vengeance ».
Une mention spéciale au décor qui semble être une sorte de centrale nucléaire désaffectée englobée par le squelette d’un gigantesque dragon qui serait venu mourir dessus. De là à penser que notre héroïne fait trempette dans une piscine de stockage de combustible pour aller récupérer son costume en latex… ! Peut être que finalement c’est dans ce bain si spécial que se trouve le sens premier du titre du film ?
C’était en 1985, c’était allemand, c’était la new wave, c’était Modern Talking, c’était Dieter Bohlen et Thomas Anders, c’était You’re my heart, You’re my soul...
et c’était tout pourri !
Les vrais initiés du tout pourri apprécieront la pseudo-fumée derrière Thomas Anders etle sourire vicelard de Dieter Bohlen.
Pour la petite histoire, le synthé – guitare de Thomas Anders qui est l’incontestable star de ce clip, doit être selon toute probabilité un Korg RK-100.
Nadia Comaneci n’est pas l’athlète la plus titrée de la gymnastique artistique, loin de là. Son nom est pourtant à jamais associée à ce sport et beaucoup la considère comme la plus grande gymnaste de tous les temps.
Jeux olympique de Montréal, 18 juillet 1976 : après un passage hallucinant aux barres asymétriques, la fée clochette roumaine obtient pour la première fois dans l’histoire de la gymnastique, la note maximale de 10. Un peu à l’instar du système de mesure lors du saut de Beamon en 68, le tableau d’affichage qui n’était pas prévu pour une telle performance, est dans l’incapacité d’afficher la note donnée par les juges.
Nadia déjà championne d’Europe en 75, vient de réinventer la gymnastique et de la faire renter dans une autre dimension. Sa technique est non seulement parfaite mais plus fort, les figures sont totalement nouvelles et réalisées à la façon d’une danseuse. Cette gamine de 14 ans va éclabousser la compétition de toute sa classe et remporter non seulement le concours complet individuel mais aussi deux titres par appareil et cinq médailles au total.
A cet instant, elle vient de perdre la maîtrise de son destin. La suite de sa carrière se confond avec l’histoire de son pays et celle de la fin de la guerre froide.
De l’autre côté du rideau de fer, le sport est un objet politique majeur, une forme de prolongement de la guerre froide, et la gymnastique une discipline phare des pays du bloc de l’Est. Tout est mis en oeuvre pour gagner, y compris à travers un système de formation qui à l’image des régimes en place, ne recule devant rien. Les individus les plus doués sont repérés et regroupés dès leur plus jeune âge dans des centres où ils reçoivent un entraînement intensif.
Les chemins vers la gloire sont pavés de sang et de larmes pour ces petites filles. Véritables enfants martyres, elles sont contraintes de subir des régimes alimentaires dangereux et un rythme d’entraînement spartiate qui pousse corps et esprit dans leurs derniers retranchements. Si le fantasque entraîneur de Nadia, Béla Karolyi est un obsessionnel de la perfection, l’école roumaine n’est peut être pas la plus impitoyable. En 1979, la soviétique Eléna Mukhina, championne du monde 78, est contrainte de reprendre prématurément l’entraînement après une fracture afin d’être prête pour les JO de Moscou. Il s’en suivra une nouvelle chute sur une figure qu’elle ne maîtrisait pas et une paralysie jusqu’à sa mort prématurée dans les années 2000. Elle est loin d’être la seule championne à être victime de ce genre de pratiques. Blessures graves, anorexie, fugues et tentatives de suicides sont monnaie courante.
Bref… un régime alimentaire insensé, pas de règles, pas de seins, pas de vie sexuelle ni sociale, des laxatifs avant chaque compétition, le sport de haut niveau entendu de cette façon est non seulement une souffrance mais également une obsession du quotidien. Certes à ce petit jeu, l’Est est le plus fort mais l’Ouest ne va pas tarder à singer puis importer ces pratiques qui gagnent.
Si la gymnastique est un enjeu Est-Ouest, elle cristallise aussi les rivalités nationales entre les pays de l’Est. L’Union soviétique qui traditionnellement domine la discipline supporte mal d’être contrecarrée par « les pays frères ».
La première humiliation en date vient de l’inoubliable tchèque Věra Čáslavská, championne olympique en 64 à Tokyo où elle devance l’icône de la gymnastique soviétique Larissa Latynina. Elle récidive à Mexico en 68 en plein printemps de Prague et se permet même en signe de résistance, de bouder ostensiblement l’hymne soviétique lors d’une cérémonie de remise de médailles. Malheur à elle pour son courage quand elle reviendra dans son pays désormais sous le joug soviétique.
La seconde gifle à l’hégémonie soviétique, celle infligée par Nadia, est d’autant plus retentissante, qu’elle vient d’une représentante d’un régime dont le chef a toujours manifesté des velléités de libre arbitre. Nicolae Ceaușescu, dictateur ubuesque, cherche pourtant à sortir son pays de l’orbite soviétique. Ainsi, celui qui se fait désigner comme l’étoile polaire pensante du Danube de la pensée fait du pied aux USA, condamne l’intervention en Tchécoslovaquie, entretient des relations avec Israël et ira même jusqu’à refuser le boycott des JO de Los Angeles en 84.
Dans ce contexte les performances de Nadia, deviennent un objet politique. La petite héroïne du travail socialiste devient une super star du régime roumain. Cette situation ne va pas être sans déstabiliser l’adolescente pour qui il semble plus facile de tenir en équilibre sur une poutre que dans une vie qui ne lui appartient plus. Et puis pour les habitants des pays de l’est des années 70, Montréal c’est déjà franchement les marchands du temple. Sponsors et argent facile tournent vite la tête aux athlètes venus de l’autre côté du rideau de fer. Les quatre ans qui la séparent des JO de Moscou vont représenter une période très compliquée tant sur le plan sportif que personnel.
Ses parents divorcent, le régime tente de la retirer de la tutelle sportive du couple Karolyi. Si elle retrouve son titre individuel au général en 77 et 79 au championnat d’Europe, elle ne sera jamais médaillée au général d’un championnat du monde malgré un titre à la poutre en 78 et une médaille d’or par équipe en 79 après une performance inouïe encore à la poutre, ce à quelques heures d’une opération pour une infection au poignet.
Quand elle se présente aux JO de Moscou en 1980, la « petite fée de Montréal » est devenue une belle jeune femme. Cependant, à Moscou, il faut qu’une soviétique l’emporte. Un peu à la surprise générale et malgré une erreur aux barres asymétriques, elle peut encore prétendre à la médaille d’or du concours général avant le dernier passage à la poutre. Pour obtenir le titre, il lui faut une note de 9,95.
Comment Nadia Comaneci ne peut-elle pas obtenir cette note à un agrès où elle est la meilleure du monde ? Malgré une prestation parfaite, le jury délibère pendant 25 minutes, et ne lui donne que 9,85. Cela sent l’arnaque à plein nez.
Nadia est médaillée de bronze, derrière deux soviétiques. Deux médailles d’or à la poutre et au sol ne la consoleront pas de cet échec. Elle arrête sa carrière l’année d’après. Viendra ensuite le temps de l’exil aux Etats-Unis à quelques jours de la révolution roumaine qui ne fait que renforcer l’ambiguïté et le mystère du personnage.
Au pays du marché, elle finira par vendre ses médailles dans une émission télé de seconde zone afin de pouvoir se payer un studio.
La gloire est éphémère répétait à l’oreille du général romain vainqueur, l’esclave qui se tenait derrière lui pendant son entrée triomphale dans la ville éternelle.